Test de l'iPhone 16 : le Camera Control et la puce A18 justifient-ils la mise à jour ?

8.0/10

Test de l'iPhone 16 : le Camera Control et la puce A18 justifient-ils la mise à jour ?

Un an après l'iPhone 15, l'iPhone 16 ne bouleverse pas la formule qui a fait le succès de la gamme grand public d'Apple, mais il corrige plusieurs frustrations accumulées sur la génération précédente. Le smartphone hérite enfin de deux éléments jusque-là réservés aux modèles Pro : un vrai bouton dédié à la photo et une puce taillée pour l'intelligence artificielle embarquée. Sur le papier, la mise à jour a l'air modeste. À l'usage, elle change davantage de choses qu'il n'y paraît.

Un design familier, deux boutons en plus

Visuellement, difficile de distinguer l'iPhone 16 de son prédécesseur au premier coup d'œil : mêmes bords plats, même verre mat à l'arrière, mêmes finitions soignées. La vraie nouveauté se niche sur la tranche droite, où prend place le bouton Camera Control. Sensible à la pression et au glissement du doigt, il permet d'ouvrir l'appareil photo d'une pression, de zoomer en faisant glisser le pouce, puis de déclencher d'une seconde pression franche. L'idée est bonne, l'exécution demande un temps d'adaptation : les premiers jours, on continue par réflexe à taper sur l'écran, et il faut une bonne semaine avant que le geste devienne naturel. Une fois le pli pris, on apprécie de pouvoir cadrer sans jamais masquer l'objectif avec un doigt mal placé.

L'Action button, introduit sur l'iPhone 15 Pro puis démocratisé l'an dernier sur le modèle standard, est toujours présent et reste aussi personnalisable : raccourci vers l'appareil photo, le mode silencieux, une commande vocale ou une automatisation Raccourcis. C'est un des petits ajouts qui, cumulés, rendent l'iPhone 16 plus agréable à manier au quotidien qu'un simple restylage n'aurait dû le permettre.

Écran et disposition des capteurs photo

La dalle Super Retina XDR de 6,1 pouces n'a pas bougé d'un pixel par rapport à l'iPhone 15 : même définition, même luminosité de pointe, et toujours un taux de rafraîchissement limité à 60 Hz. C'est le point sur lequel la comparaison avec la concurrence Android fait le plus mal : la plupart des flagships vendus au même tarif proposent désormais 120 Hz en standard. Apple réserve toujours cette fluidité supplémentaire à ses modèles Pro, une segmentation commerciale qui agace davantage chaque année.

À l'arrière, le module photo change en revanche de disposition : les deux capteurs sont désormais alignés verticalement plutôt qu'en diagonale, une conséquence directe de l'arrivée de l'enregistrement vidéo spatiale, pensée pour les casques de réalité mixte. Le capteur principal de 48 Mpx bénéficie d'un stabilisateur à décalage de capteur, une technologie qui limite efficacement le flou de bougé en basse lumière, y compris à main levée sur des poses plus longues que la normale.

Performances et autonomie à l'épreuve du quotidien

La puce A18 n'a rien à prouver en matière de puissance brute : elle avale sans effort le multitâche le plus intensif, les jeux gourmands et le montage vidéo léger directement depuis le téléphone. La marge de confort est telle qu'elle laisse présager un excellent suivi logiciel sur plusieurs années, un argument qu'Apple met traditionnellement en avant et qui, historiquement, se vérifie mieux que chez la plupart des constructeurs Android.

Côté autonomie, l'iPhone 16 tient une journée complète sans anxiété, y compris en usage soutenu avec réseau mobile actif, navigation GPS et streaming vidéo en cumulé. La charge filaire reste toutefois moins impressionnante que ce que propose désormais une partie du marché chinois, avec un plafond confortable mais loin d'être rapide. La recharge sans fil via MagSafe et le nouveau standard Qi2 grimpe à 25 W, une amélioration progressive plus qu'une révolution, mais suffisante pour un complément d'appoint en fin de journée.

Photo : la promesse tenue du capteur Fusion

Le capteur principal 48 Mpx, baptisé Fusion par Apple, continue de jouer double jeu : il sert à la fois de capteur grand-angle classique et de zoom numérique de qualité correcte grâce au recadrage dans les 48 millions de pixels natifs. Le rendu colorimétrique reste dans la lignée de ce qu'on attend d'un iPhone : des couleurs plutôt fidèles, un traitement du HDR moins agressif que chez Samsung ou Google, et une gestion des visages en basse lumière qui a nettement progressé ces deux dernières générations.

L'ultra grand-angle profite désormais d'une ouverture plus large, ce qui améliore sensiblement les prises de vue nocturnes, jusque-là le point faible historique de ce capteur secondaire sur les iPhone non-Pro. Ce n'est pas encore au niveau du meilleur de la concurrence sur ce segment précis, mais l'écart s'est réduit d'un cran.

Logiciel, mises à jour et positionnement tarifaire

Sous iOS 18, le téléphone bénéficie d'une personnalisation plus poussée de l'écran d'accueil et d'un socle logiciel pensé pour accueillir progressivement les fonctions d'intelligence artificielle embarquée d'Apple, encore en cours de déploiement au moment du test et disponibles de façon graduelle selon les langues et les régions. Le potentiel est réel mais la promesse reste, pour l'instant, davantage tournée vers l'avenir que vers un bénéfice immédiat mesurable dès le déballage.

Sur le plan tarifaire, l'iPhone 16 se positionne clairement au-dessus des meilleurs Android premium proposés au même prix, qui offrent souvent un écran 120 Hz, une charge plus rapide et parfois un téléobjectif dédié. L'argument principal reste ailleurs : la fluidité de l'écosystème, la longévité logicielle et la revente qui reste, ann après année, la meilleure du marché sur l'occasion.

Dos de l'iPhone 16 montrant la disposition verticale du module photo
La disposition verticale des deux capteurs, une première sur un iPhone non-Pro depuis l'iPhone 12.

Face à la concurrence

Face au Galaxy S24 ou à sa relève testée dans notre comparatif iPhone 15 vs Galaxy S24, l'iPhone 16 conserve son avantage habituel sur la fluidité logicielle et la cohérence de l'écosystème, mais cède du terrain sur l'écran et la vitesse de charge. Ceux qui hésitaient déjà sur l'iPhone 15, dont nous avions salué le bon compromis général, trouveront ici une évolution suffisante pour patienter une génération de plus, sans que ce soit un argument suffisant pour changer un iPhone 15 flambant neuf. Sur la question de la charge sans fil justement, notre article dédié à Qi2 et MagSafe détaille ce que ce standard change concrètement à l'usage.

Notre avis

L'iPhone 16 est une mise à jour honnête plutôt que spectaculaire. Le bouton Camera Control mérite qu'on lui laisse sa chance au-delà de la première semaine d'adaptation, la puce A18 offre une réserve de puissance rassurante sur la durée, et le capteur photo principal continue de produire des clichés fiables en toute circonstance. Le plafond à 60 Hz et la charge filaire modeste restent les deux reproches les plus légitimes face à une concurrence Android de plus en plus généreuse sur ces deux points au même niveau de prix. Un choix solide pour qui reste dans l'écosystème Apple, moins évident pour qui compare ligne à ligne les fiches techniques.

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