Test de l'iPhone SE (2022) : le dernier iPhone compact a-t-il encore un sens en 2026 ?
7.6/10
L'iPhone SE de 3ᵉ génération occupe une place à part dans le catalogue d'Apple : c'est le dernier smartphone de la marque à conserver le format compact hérité de l'iPhone 8, avec son écran de 4,7 pouces, ses larges bordures et son bouton Touch ID physique. En 2026, cette approche a de quoi surprendre face à des concurrents qui misent tous sur des dalles OLED sans bordures, mais elle répond à une demande réelle : celle des utilisateurs qui veulent un iPhone facile à tenir en une main, sans pour autant renoncer à la puissance et à la longévité logicielle propres à l'écosystème Apple.
Sous le capot, l'iPhone SE embarque la puce Apple A15 Bionic, la même que celle de l'iPhone 13. C'est un choix judicieux : à ce niveau de prix, peu de concurrents Android proposent une puce aussi performante, et l'A15 Bionic reste largement suffisante pour faire tourner iOS de façon fluide pendant plusieurs années. Avec seulement 4 Go de RAM, la gestion mémoire est plus tendue que sur les modèles plus récents, mais l'optimisation logicielle d'Apple compense largement cette limitation sur l'usage quotidien : navigation, réseaux sociaux, streaming vidéo et jeux modérément gourmands ne posent aucun problème.
L'écran, justement, est le point le plus daté de la fiche technique. Cette dalle LCD Retina HD de 4,7 pouces ne rafraîchit qu'à 60 Hz, là où la quasi-totalité des smartphones à ce prix proposent désormais du 90 Hz ou 120 Hz, y compris chez Samsung ou Xiaomi. Les couleurs restent fidèles et la luminosité correcte en extérieur, mais le contraste d'une dalle LCD ne rivalise pas avec l'OLED qu'on trouve même sur des modèles Android nettement moins chers. C'est le compromis assumé de ce format : Apple a choisi de préserver la compacité du châssis plutôt que de moderniser l'affichage.
Côté photo, l'iPhone SE se limite à un unique capteur de 12 Mpx en façade arrière, sans ultra grand-angle ni téléobjectif. Le traitement d'image reste excellent en toutes circonstances grâce au Smart HDR et à la puissance de l'A15 Bionic, avec des couleurs naturelles et une bonne gestion des hautes lumières. Mais en basse lumière, l'absence de mode nuit dédié aussi abouti que sur les iPhone plus récents se fait sentir, et l'absence de second capteur limite clairement la polyvalence par rapport à un Galaxy A55 qui propose un triple module photo pour un tarif proche.
L'autonomie est sans doute le compromis le plus discutable de cet iPhone SE. Avec une batterie de seulement 2018 mAh, l'appareil peine à tenir une journée complète d'usage intensif, et il faudra généralement recharger en fin d'après-midi pour les utilisateurs les plus actifs. La charge filaire plafonne à 18 W, ce qui est correct sans être rapide, et la recharge sans fil Qi est bien présente. Ce point contraste fortement avec des concurrents Android équipés de batteries de 5000 mAh, à l'image du Redmi Note 12 ou du Galaxy A55, qui offrent une autonomie nettement supérieure pour un prix comparable voire inférieur.
Le choix du connecteur Lightning plutôt que de l'USB-C, alors que l'ensemble de l'industrie a basculé vers ce standard universel (y compris Apple sur ses iPhone 15 et modèles suivants), constitue également un point d'attention pour un achat en 2026 : les accessoires Lightning deviennent progressivement plus rares, et la compatibilité avec les chargeurs USB-C génériques nécessite un adaptateur.
Là où l'iPhone SE se distingue vraiment, c'est sur la durée de support logiciel. Apple garantit généralement cinq à six ans de mises à jour majeures d'iOS pour ses appareils, un engagement que peu de fabricants Android égalent à ce niveau de prix. Associé à la solidité de la puce A15 Bionic, cela signifie que l'iPhone SE devrait rester pertinent et sécurisé bien plus longtemps que la plupart de ses concurrents directs, ce qui relativise son tarif de lancement sur le long terme.
Sur le plan tarifaire, l'iPhone SE se positionne à 529 €, un prix qui reste dans la fourchette basse du catalogue Apple mais qui n'est pas pour autant le smartphone le moins cher du marché. À ce tarif, la comparaison avec le Redmi Note 12, vendu environ 279 €, est révélatrice : pour presque la moitié du prix, Xiaomi propose un écran AMOLED 120 Hz, une batterie deux fois et demie plus généreuse et un triple capteur photo. L'écart de prix ne se justifie donc pas par la fiche technique brute, mais par ce qu'Apple vend en plus : l'accès à iOS, à l'App Store, à iMessage et FaceTime, et surtout à un support logiciel qui dépasse largement celui de la concurrence Android sur ce segment de prix.
Il faut aussi resituer l'iPhone SE dans la gamme Apple elle-même. Face à l'iPhone 15, vendu environ 969 €, l'écart est de plus de 400 €, ce qui en fait un point d'entrée nettement plus accessible dans l'écosystème. L'utilisateur qui bascule d'un iPhone SE vers un iPhone 15 gagne un écran OLED plus grand, un second capteur ultra grand-angle, le port USB-C, une bien meilleure autonomie et un design sans bouton Home. Mais il double quasiment son budget. Pour un premier iPhone, ou pour un renouvellement d'un ancien modèle à petit prix, l'iPhone SE reste donc un point d'entrée légitime dans l'écosystème Apple, à condition d'accepter ses compromis techniques.
À qui s'adresse réellement ce smartphone ? Principalement à trois profils : les utilisateurs qui ont toujours préféré les formats compacts et qui refusent les téléphones de plus de 6 pouces, souvent difficiles à utiliser à une main ; les familles qui cherchent un premier smartphone fiable et simple pour un adolescent, avec un contrôle parental natif solide via iOS ; et les professionnels déjà équipés en Mac ou iPad qui veulent profiter de l'intégration de l'écosystème Apple sans payer le prix fort d'un modèle récent. Pour ces profils, les faiblesses de l'écran et de l'autonomie sont des compromis acceptables au regard de la fluidité logicielle et de la pérennité de l'appareil.
En définitive, l'iPhone SE 3ᵉ génération s'adresse à un public précis : celui qui recherche avant tout la compacité, la fluidité logicielle et la longévité de mise à jour propres à Apple, quitte à sacrifier l'écran, l'autonomie et la polyvalence photographique. Pour un budget équivalent ou inférieur, des alternatives Android comme le Galaxy A55 ou le Redmi Note 12 offrent une expérience plus moderne sur l'écran et l'autonomie, mais sans la garantie de suivi logiciel à si long terme et sans le format compact si particulier de l'iPhone SE.