Test du Redmi Note 12 : le milieu de gamme accessible qui ne triche pas sur l'écran
7.3/10

Le Redmi Note 12 s'est imposé depuis sa sortie comme l'une des références du milieu de gamme low-cost chez Xiaomi, et il conserve en 2026 un argument imparable : proposer une fiche technique très complète pour un prix qui reste sous la barre des 300 €. À une époque où l'inflation touche aussi les smartphones, ce positionnement mérite qu'on s'y attarde de près pour comprendre ce que Xiaomi a dû sacrifier pour tenir ce tarif, et ce qui reste, malgré tout, remarquablement bon.
L'écran est sans doute le meilleur argument commercial du Redmi Note 12. Il s'agit d'une dalle AMOLED de 6,67 pouces rafraîchie à 120 Hz, une caractéristique qu'on trouve rarement à ce niveau de prix : la plupart des concurrents directs se contentent encore de LCD à 60 ou 90 Hz. Le contraste est excellent, les noirs profonds, et la fluidité de navigation à 120 Hz change réellement la perception de réactivité de l'interface au quotidien, y compris pour un usage simple comme le défilement des réseaux sociaux ou la navigation web.
Le revers de la médaille se trouve du côté du processeur. Xiaomi a fait le choix d'un Snapdragon 685, une puce d'entrée de gamme qui privilégie l'efficacité énergétique plutôt que la puissance brute. Pour un usage courant — appels, messagerie, réseaux sociaux, streaming vidéo — cela ne pose aucun problème, et l'expérience reste fluide grâce à l'optimisation de MIUI. En revanche, les jeux vidéo récents et gourmands tourneront avec des réglages graphiques revus à la baisse, et les utilisateurs cherchant de la puissance pour du gaming intensif devront se tourner vers un modèle comme le Xiaomi 13T, plus cher mais nettement plus véloce grâce à son Dimensity 8200 Ultra.
Côté photo, le Redmi Note 12 embarque un module principal de 48 Mpx accompagné d'un ultra grand-angle de 8 Mpx et d'un capteur macro de 2 Mpx dont l'utilité reste, comme souvent sur ce segment, assez anecdotique. En bonne luminosité, les clichés sont net et bien exposés, avec des couleurs légèrement saturées caractéristiques du traitement Xiaomi. La chute de qualité en basse lumière est en revanche nette : le bruit numérique devient rapidement visible et le temps de traitement du mode nuit peut frustrer sur des scènes en mouvement.
L'autonomie constitue en revanche un vrai point fort : avec sa batterie de 5000 mAh, le Redmi Note 12 tient sans difficulté une journée et demie à deux jours d'usage modéré, ce qui en fait l'un des meilleurs élèves de sa catégorie sur ce critère précis. La charge filaire à 33 W permet de récupérer une bonne partie de l'autonomie en moins d'une heure, un compromis raisonnable qui évite l'anxiété de la batterie au quotidien — un avantage net face à l'iPhone SE et sa batterie de seulement 2018 mAh, vendu pourtant presque deux fois plus cher.
Le châssis en lui-même reste classique pour la catégorie : dos plastique, tranche plate, poids raisonnable. Rien d'exceptionnel, mais rien de rédhibitoire non plus pour un usage quotidien standard. L'interface MIUI 14, basée sur Android 12 au lancement, apporte son lot de personnalisation mais aussi ses applications préinstallées parfois envahissantes, qu'il convient de désinstaller ou désactiver dès la prise en main pour une expérience plus épurée.
Sur la question sensible du suivi logiciel, Xiaomi s'engage généralement sur deux mises à jour majeures d'Android et quelques années de correctifs de sécurité pour sa gamme Redmi — un engagement en retrait par rapport aux standards désormais fixés par Samsung ou Google sur des gammes comparables, et très en retrait par rapport aux cinq à six ans garantis par Apple sur l'iPhone SE. C'est un point à intégrer dans le calcul de longévité de l'appareil, même si le tarif d'entrée reste imbattable.
En comparaison directe avec le Galaxy A55, vendu environ 489 €, le Redmi Note 12 assume clairement un positionnement plus économique : l'écran Samsung est légèrement supérieur, le processeur Exynos plus performant, et le suivi logiciel plus long, mais l'écart de prix de plus de 200 € reste significatif pour un budget serré. Le choix entre les deux dépendra donc essentiellement du budget disponible et de l'importance accordée à la longévité logicielle par rapport à l'économie immédiate.
Il faut aussi replacer le Redmi Note 12 dans la gamme Redmi elle-même, très segmentée chez Xiaomi. La série Redmi Note vise le rapport performance-prix maximal, quand la série numérotée simple (comme le Xiaomi 14) monte en gamme avec des processeurs Snapdragon 8 Gen 3 et des optiques Leica, pour un tarif qui dépasse les 900 €. Entre les deux, le Xiaomi 13T occupe une position intermédiaire à environ 649 €. Cette organisation en paliers permet à Xiaomi de couvrir presque tous les budgets, et le Redmi Note 12 représente clairement le point d'entrée le plus accessible de cette pyramide, sans pour autant sacrifier l'essentiel : un écran de qualité et une autonomie confortable.
Sur le plan du stockage et de la mémoire, le Redmi Note 12 est proposé en plusieurs configurations allant de 4 à 8 Go de RAM et de 128 à 256 Go de stockage. Pour un usage quotidien standard, la configuration à 6 Go de RAM constitue un bon compromis : suffisante pour maintenir plusieurs applications ouvertes en arrière-plan sans ralentissement notable, sans pour autant payer un supplément pour une capacité de mémoire vive rarement exploitée à ce niveau de puissance processeur. L'absence de slot microSD sur certaines variantes reste toutefois un point à vérifier avant achat pour les utilisateurs qui stockent beaucoup de photos et vidéos localement.
À qui s'adresse ce smartphone ? Principalement à trois profils : les acheteurs avec un budget serré qui refusent de sacrifier la qualité d'écran, souvent le premier critère de satisfaction perçue au quotidien ; les utilisateurs qui privilégient l'autonomie avant tout, quitte à accepter des performances plus modestes en jeu ; et les parents qui cherchent un premier smartphone robuste et abordable pour un enfant ou un adolescent, sans craindre la casse d'un appareil coûteux. Pour les joueurs exigeants ou les utilisateurs qui veulent un appareil polyvalent en photographie, mieux vaut se tourner vers un modèle disposant d'un processeur plus musclé, quitte à revoir le budget à la hausse.
Au final, le Redmi Note 12 reste un excellent choix pour qui cherche un smartphone fiable au quotidien sans dépasser les 300 €. Son écran AMOLED 120 Hz et son autonomie généreuse compensent largement un processeur modeste et un suivi logiciel limité dans le temps. C'est un choix pragmatique plutôt qu'un choix de passionné, mais c'est précisément ce que cherche la majorité des acheteurs sur ce segment de prix.