Test du Galaxy S25 : le compact qui passe au Snapdragon unifié
7.9/10

Le Galaxy S25 occupe une place particulière dans le catalogue Samsung : c'est le seul flagship compact du constructeur depuis l'abandon programmé de la ligne Plus au format identique, et il doit désormais justifier son tarif face à des concurrents chinois toujours plus agressifs sur la fiche technique. La recette change peu par rapport au S24, mais deux ajustements, l'un matériel et l'autre logiciel, méritent qu'on s'y attarde.
Un format compact qui reste une rareté
À l'heure où la plupart des flagships dépassent allègrement les 6,5 pouces, le Galaxy S25 campe sur un écran de 6,2 pouces qui tient dans une main sans acrobatie. C'est, avec les iPhone non-Plus, l'une des dernières références premium encore raisonnables en taille, et Samsung le sait : c'est devenu un argument de vente à part entière face à des Xiaomi ou Honor qui grandissent chaque année. La dalle Dynamic AMOLED 2X profite de la technologie LTPO, ce qui permet au taux de rafraîchissement de descendre dynamiquement pour économiser de la batterie sans sacrifier la fluidité en usage normal.
Le châssis en aluminium Armor reprend les arêtes plus carrées inaugurées sur le S24, un choix esthétique qui divise mais qui a le mérite de mieux tenir en main que les bords arrondis des générations plus anciennes. La certification IP68 est toujours de la partie, un standard désormais attendu à ce niveau de gamme.
Snapdragon 8 Elite pour Galaxy : le vrai changement
La nouveauté la plus concrète du S25 se trouve sous le capot. Samsung abandonne le partage habituel entre Exynos maison et Snapdragon selon les régions, au profit d'une puce Snapdragon 8 Elite pour Galaxy unique et optimisée spécifiquement pour la gamme, sur tous les marchés. Le gain se ressent d'abord sur la gestion thermique : les sessions de jeu prolongées chauffent moins et le débit d'images reste plus stable dans la durée que sur le S24, un point faible régulièrement pointé du doigt par les tests précédents.
En usage quotidien, la différence est moins spectaculaire mais réelle : le téléphone répond plus vite à l'ouverture d'applications lourdes, et le multitâche façon DeX, pour qui utilise cette fonction de bureau virtuel, gagne en réactivité. Un comparatif approfondi des architectures de puces mobiles, disponible dans notre article sur les différences entre Snapdragon, Dimensity, Exynos et Tensor, permet de resituer ce choix dans le paysage plus large du marché.
Photo : la constance plutôt que la révolution
Le triple capteur 50+12+10 Mpx est identique sur le papier à celui du S24, et c'est presque un compliment tant la configuration précédente était déjà solide. Le capteur principal produit des images bien exposées en toute circonstance, avec une gestion HDR parfois un peu appuyée qui accentue les contrastes plus que la réalité ne le voudrait, un choix esthétique assumé par Samsung depuis plusieurs générations. Le téléobjectif 10 Mpx à zoom optique 3x reste l'un des plus polyvalents de sa catégorie, entre portraits resserrés et photos de scène à distance.
C'est surtout le traitement logiciel qui évolue, avec une suite Galaxy AI élargie : retouche générative plus fine, résumé automatique de documents photographiés, et une fonction de recherche circulaire qui permet d'identifier un objet ou un lieu simplement en l'entourant du doigt directement depuis l'écran. Ces outils, encore anecdotiques il y a deux ans, deviennent des réflexes d'usage pour une partie croissante des utilisateurs Samsung.

Batterie et charge, le principal point faible
C'est là que le bât blesse encore. Avec 4 000 mAh et une charge filaire plafonnée à 25 W, le Galaxy S25 accuse un net retard face aux références chinoises qui dépassent régulièrement les 67 W, voire 100 W, pour un tarif souvent inférieur. Une charge complète prend facilement plus d'une heure, quand certains concurrents rechargent entièrement leur téléphone en une vingtaine de minutes. Samsung justifie ce choix par la longévité de la batterie sur plusieurs années, un argument recevable mais qui n'efface pas la frustration au quotidien pour qui a déjà goûté à la charge rapide ailleurs.
Face à la concurrence interne et externe
Face au Galaxy S24, la mise à jour est raisonnable sans être transformative : la puce unifiée et la suite logicielle Galaxy AI justifient le changement pour qui vient d'un modèle plus ancien, moins pour un possesseur de S24 satisfait. Pour ceux qui hésitent entre le format classique et un pliant, notre test du Galaxy Z Flip5 face au S24 reste une lecture utile pour trancher entre compacité et format innovant. À noter également que Samsung conserve la compatibilité S Pen sur ses modèles Ultra uniquement ; notre article sur les stylets et alternatives au S Pen détaille ce que cet accessoire apporte réellement selon les usages.
Suivi logiciel et durabilité
Samsung s'aligne désormais sur les meilleurs élèves du marché en matière de longévité logicielle, avec un engagement de plusieurs années de mises à jour majeures d'Android et de correctifs de sécurité mensuels. C'est un changement de philosophie assumé depuis quelques générations : le constructeur coréen mise sur la durée de vie plutôt que sur le seul argument de la puissance brute au lancement. Dans les faits, un Galaxy S25 acheté aujourd'hui devrait rester pertinent bien au-delà de la durée moyenne de détention d'un smartphone en France, ce qui relativise en partie le tarif de lancement une fois ramené au coût par année d'utilisation.
Côté réparabilité, l'écran et la batterie restent accessibles chez les réparateurs agréés à des tarifs raisonnables comparés à la concurrence, et la certification IP68 n'empêche pas les interventions courantes si elles sont réalisées avec le matériel adapté. C'est un point trop souvent négligé dans les comparatifs mais qui pèse concrètement sur le coût réel de possession sur plusieurs années.
Un positionnement tarifaire à surveiller
Sur son segment de prix, le Galaxy S25 croise désormais la route de flagships compacts venus d'ailleurs, y compris hors de l'écosystème Android traditionnel. Face à un iPhone proposé à un tarif proche, l'arbitrage se joue surtout sur l'écosystème logiciel préféré plutôt que sur la fiche technique brute, les deux mondes ayant chacun leurs forces. La vraie question à se poser avant l'achat reste moins « quel est le meilleur téléphone dans l'absolu » que « quel est l'écosystème dans lequel je souhaite rester enfermé pour les trois à quatre prochaines années », tant les usages se ressemblent une fois passé le cap des spécifications.
Notre avis
Le Galaxy S25 confirme le format compact comme sa principale raison d'être face à une concurrence Android qui grandit sans cesse. Le passage à une puce Snapdragon unifiée règle une partie des soucis de chauffe hérités du S24, et la suite Galaxy AI continue de s'enrichir intelligemment plutôt que par gadgets. La charge lente et la capacité de batterie restent toutefois datées face à des rivaux chinois nettement plus généreux sur ce terrain précis, un compromis à accepter en connaissance de cause pour qui privilégie avant tout la compacité et le suivi logiciel.